Coupable procrastination...

Publié le par Coco la Bulle

Cher lecteur, avez-vous également du mal à vous y mettre lorsque vous vous trouvez face à un gros chantier ? Travaillant en solo, je ne sais parfois pas par quel bout prendre les choses…ou plutôt si, je le sais. Je ne parviens juste pas à commencer. Comme s’il y avait une montagne à gravir. Je suis au camp de base, avec tout l’équipement, mais l’impulsion qui permet de démarrer l’ascension n’arrive pas. Ce petit sursaut de volonté qui fait toute la différence. Or, qu’il s’agisse d’un doc de 50 feuillets à rédiger, ou, au hasard, de la comptabilité à boucler, c’est toujours le même problème : à un moment, il faut bien s’y mettre. Et savoir lutter contre beaucoup de tentations qui se liguent pour repousser cet instant fatidique.

En cette veille de marathon comptable (puisque c’est de cela qu’il s’agit ici), je me couche sereine, le programme de la matinée suivante déjà bouclé : lever 6h50, petit-déj avec les enfants, jogging jusqu’à 9h30, douche et hop, au boulot à 9h45. Beau planning. Je m’endors pleine de bonnes résolutions.

Jour J. A peine les enfants partis à l’école, je m'en vais courir, c’est bon pour le moral et ça oxygène mon petit cerveau encore tout embrumé. Retour 9h45. Douche, hummm, qu’on est bien sous l’eau chaude. Shampooing ? Oui, la tignasse en a besoin. Et un petit masque sur les pointes. Et des petites crèmes pour se faire la peau douce. Déjà 10h30 ? My God ! Et la compta qui m’attend sur mon bureau… Il va falloir être patiente, chère petite compta, car l’entame du match s’annonce difficile.

En peignoir devant son écran, je jette un œil sur sa messagerie. Good Lord. 39 messages depuis hier soir. Pubs diverses pour des promos sur mes sites préférés : non, je n’irai pas voir cette vente privée de pulls en cachemire, pas le temps et pas de sous. Revenons à nos moutons. Tiens, une copine a envoyé un message sympa sur Facebook, et cerise sur le gâteau elle est allée commenter mon dernier album photo. Allez, juste un petit tour. Bon, c’est fait. Rigolo. Sacrebleu, il reste le profil Coco la Bulle, où les notifications se sont accumulées… ne pas regarder. Plus tard, plus tard.

10h55. Après toutes ces péripéties fort inopportunément distrayantes, j'attaque bravement ma compta par la face nord. Je regarde l’hostile paperasse en tas, l’agrafeuse prête à bondir, le classeur-dont-le-mécanisme-est-toujours-défectueux et m’apprête à démarrer la phase préliminaire de mon chemin de croix, c’est-à-dire le classement des pièces. Zut, il manque quelque chose. Oui, c’est ça, un café. Je mérite bien un café.

11h. C’est parti. Vraiment cette fois. Je trie les factures, encaissement, décaissement. L’effort est magistral. On applaudit.


11h15. Bling ! Oubli fatal ! Le son de l’ordi n’a pas été coupé, et la messagerie, inconsciente de mon état de concentration maximal, signale l’arrivée d’e-mails. Il peut y avoir quelque chose d’urgent, il est donc crucial d’aller voir. Quelques pubs, deux messages de boulot, six notifications Coco la Bulle et un nouveau commentaire sur le blog. Sympa. Il faut répondre, se manifester. Ce que je fais.

11h25. Retour aux pièces comptables. Saisie des factures encaissées, c’est bien, très bien, ce sera toujours ça de fait même si ça ne représente qu’un 10ème du boulot. Le rendement est certes faible mais le grand œuvre est entamé, ce qui en soi constitue une petite victoire.

11h50. Coup de fil. Un client veut me confier un article hyper-urgent, à rendre pour…hier soir (comme d’hab). Impossible. Où le caserais-je, j'ai  déjà du mal avec mon planning actuel, et la déclaration de TVA à rendre demain ? Et dire que la semaine prochaine, si ça se trouve,  je n’aurai rien à faire… C’est vraiment trop injuste.

12h. Texto de Roméo. Réponse au texto.

12h05. Retour aux saintes écritures. Je me lance dans les décaissements. Ouille, il y en a beaucoup plus que des encaissements, hélas. Il va falloir plonger en apnée dans le classeur. Mais tout de suite ce n’est pas possible car j'ai faim.


12h20. Je suis dans sa cuisine et me concocte une petite salade : tomates, roquette, un peu de balsamique, quelques graines bio mélangées, huile d’olive, mozarella… miam. Retour avec l’assiette devant l’ordinateur. C’est l’heure où je me donne le droit d’aller sur le profil Facebook Coco la Bulle. Un yaourth, une pomme.

13h00. J'ai mis son masque et son tuba : plouf, immersion comptable entamée. La messagerie est fermée, le son en mode ‘’mute’’. Boulot boulot boulot. Soyons sérieux. Tiens, il me vient une idée de billet pour le blog. NON. Ce n’est PAS le moment. Juste le temps de griffonner sur son petit carnet rouge pour ne pas oublier, car l’Alzheimer guette et parfois, je me souviens juste avoir eu une idée, mais quand à savoir laquelle, c’est une autre affaire. Allez, hop, c’est reparti, vive la saisie d’écritures, c’est tellement fun !


14h00. Ça suffit. Pause café encore. Enfin non pas ‘’encore’’, là c’est le café de l’après-midi, ce n’est pas pareil, j'ai le droit. Avec un carré de chocolat (voire quatre) piqué(s) au stock des enfants. Mmm, c’est bon. Une pub pour vacances paradisiaques vient d’apparaître dans la messagerie, ah, le sable chaud, le soleil, les vacances, le ciel bleu. Le CIEL* ? Ah non, pas ça, pitié. Stop, brisons-là. Retour à la réalité.

14h30. Je replonge. Je n’entends plus rien. Je suis over-concentrée.

16h35. Alarme du téléphone. Tout absorbée par ce que je faisais (si si si), Coco n’a pas vu l’heure passer, heureusement j'avais mis une alarme pour aller chercher Mistinguette au collège et l’amener à la danse… J'enfile mes bottes en catastrophe et saute dansma voiture telle Wonder Woman (sans le mini-short, rassurez-vous).

17h05. Retour sur l’ordi. Mamma mia, eBay a lancé une attaque de notifications, avec tout un tas d’articles intéressants. Argh, des bottines Freelance ont été mises sur le marché, là il faut absolument jeter un œil. Soulagement, c’est un modèle épouvantable à bouts carrés. Je passe en revue tous les articles, on ne sait jamais.

17h10. Ouf pour mes finances, tout était tartignole. je replonge dans l’univers impitoyable de ma compta.

17h45. Toutes les écritures sont saisies !!! Je fais une sortie papier et commence à pointer pour effectuer un rapprochement avec mon compte bancaire. Les bons jours, ça tombe pile-poil pareil. Mais ce n’est pas un bon jour, il y a un écart (303,05€) qui sort d’on ne sait où. Désespoir. La misérable besogneuse que je suis se penche sur ses feuilles et fait des petites croix, à l’ancienne, pour trouver l’origine de ce trou dans sa compta. Et ne trouve pas.

18h00. Triple zut, c’est l’heure d’aller chercher Mistinguette !

18h30. Après avoir récupéré ma fille et acheté du pain,je suis enfin de retour.

18h55. ‘’M’man kesk’on mange ce soir ?’’ interroge avec candeur Junior. Excellente question, merci de l’avoir posée fiston, mais sache que ta mère n’en a aucune idée et qu’elle a d’autres chats à fouetter. Ce n’est vraiment pas le moment ! Non mais se rend-il compte que je suis énervée à mort ? Pas du tout, il est déjà reparti dans sa chambre en lançant à la cantonade « le mieux est de commander une pizza ». Ben voyons. Incursion dans le frigo puis dans le congélateur. Une fois de plus, merci Picard. Sauvée. Un gratin dauphinois + du jambon, ça fera l’affaire.

19h10. Je suis  totalement déconfite. Je ne sais toujours pas d’où vient cet écart. Dans un premier temps, parce que ça soulage grave, j'ai rageusement envoyé valser mes papiers, maintenant l’heure est à l’abattement. Mais où est passé ce *#^/ !* de montant ? Le vilain, le fourbe, le malveillant, l’infâme… Hébétée devant mon bureau, je regarde les chiffres me narguer. Et me remets à pointer.

19h40. Tout à coup, illumination : là, sous mon nez, à un endroit que j'ai déjà coché deux fois, il y a deux montants qui sont dans la mauvaise colonne. Deux montants qui, additionnés, font 303,05€. Méga-soulagement. Demain matin, il ne restera plus qu’à calculer la TVA. Du gâteau quand tout le reste est fait !

19h45. Roméo arrive. Je me jette dans ses bras en lançant. ‘’C’est Happy hour, j’ai presque bouclé ma compta !’’. Ouverture d’un petit Bordeaux…. ‘’Tu as tout fait ?’’ ‘’Oui, je n’ai pas arrêté une minute’’. Sincèrement, c’est vrai. Comment ça, non ?

* pour les non-initiés, CIEL est le nom d’un logiciel de comptabilité fort répandu chez les indépendants…

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