Le maillot de bain, palme d'or du shopping ingrat

Publié le par Coco la Bulle

Le jour de l’épreuve est arrivé. Non, chers lecteurs, je ne repasse ni le bac, ni mon permis de conduire. C’est pire que ça. Je dois aller acheter un *#% * MDB (entendez pas là un maillot de bain, mais je veux rester polie). Sincèrement, y a-t-il shopping plus ingrat que ça ? Je ne crois pas.

Heureusement, ce supplice n’a pas lieu tous les ans… Cependant, il devient obligatoire lorsqu'en ressortant du placard les tenues de plage, on constate avec consternation que l’élastique de certains slips a bizarrement fondu pendant l’hiver, ou que le tissu de notre (ex)culotte de bain préférée est tout détendu, voire transparent. Là, la virée MDB s’impose. Et se révèle immanquablement un calvaire, de bout en bout. Je m’en vais vous rappeler pourquoi, au cas où vous ne seriez pas concerné(e) cette année, afin que vous n’oubliez pas ceux qui n’ont pas le choix. Comme moi. Confession intime.

Après un examen de mon stock de MDB, je réalise qu’un investissement s’impose. Or si je veux avoir le choix des coupes et des couleurs (et des tailles), mieux vaut s’y prendre dès maintenant. Direction le grand magasin le plus proche.

Premier tour d’horizon dans le rayon et collecte de différents modèles, je suis encore relativement guillerette quand j’arrive aux cabines d’essayage. Hélas je déchante bien vite. Lumière blanche et crue, espace minuscule n’offrant aucun recul, ce lieu qui devrait être conçu comme un cocon ressemble à la cabine glaciale d’un cabinet de radiologie. Vision saisissante : mon anatomie dénudée est aussi sexy qu’un bloc de faux marbre rose, la cellulite semble avoir gagné de nouvelles zones insoupçonnées de mon corps, je me découvre des poils partout et, bizarrement, j’ai pris une taille trop petite dans tous les modèles. Ça déborde. Ça me déprime. Et quelqu’un peut-il m’expliquer pourquoi certaines marques n’ont toujours pas compris qu’en général, les femmes font une taille différente en haut et en bas ? Sérieusement, qui conçoit ces maillots ?

Pour avoir un peu plus de recul, me croyant seule, je tente une incursion discrète au dehors afin de pouvoir utiliser le grand miroir qui jouxte les cabines. Horreur ! Un homme ! Je rentre dans mon trou de souris. Ne voyant alentours aucune vendeuse susceptible de m’apporter la taille au dessus dans LE seul modèle dont la forme pourrait à la limite réussir à contenir mes difformités, je me rhabille entièrement et vais par moi-même chercher l’article. Bien sûr, il n’y en a déjà plus. Mais quand faut-il donc venir ? En février ? Et damned, qu’est-ce que c’est cher…Drapée dans ma dignité, je quitte ledit grand magasin, vexée comme un pou et dégoûtée de ma propre apparence. Je me sens éléphantesque, pachydermique, monstrueuse. Je me dis que le pauvre Roméo voit ça tous les soirs quand je me déshabille et j’ai des sueurs froides…


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Suite de ma quête, je change de braquet et m’oriente vers une enseigne de lingerie bien connue. Là les prix sont déjà plus raisonnables, ce qui me redonne un peu la pêche (un peu seulement). Je fais ma moisson de modèles aux côtés d’une jeunette honteusement filiforme qui prend les mêmes trucs que moi… en taille 34. C’est bien, au moins, on ne risque pas de se disputer les pièces. Ce que j’aime moins, c’est son regard dubitatif qui m’épluche de haut en bas, l’air de dire ‘’pourquoi cette mamie essaye-t-elle des maillots pour jeunes ?’’.  Tout à fait désagréable. Direction les salons d’essayage, où les concepteurs ont fait des efforts sur l’éclairage. Malgré cela, ça déborde toujours autant. Ça fout le camp comme une montre molle de Dali (Ô vieillesse ennemie). On dirait une sculpture de Botero, en moins beau. Je suis déprimée. Et ce n’est pas fini…  Alors que je passe la tête pour essayer d’attirer l’attention d’une vendeuse, j’aperçois la jeunette en bikini par le rideau ouvert de sa cabine. La hyène, je la déteste. Paradant face au miroir, elle a en outre le culot de dire à sa copine que le maillot la grossit et qu’il faut qu’elle maigrisse avant la plage ! C’en est trop. Je quitte les lieux, remontée comme une pendule contre le monde entier.

Avant de reprendre piteusement le chemin de ma voiture, bredouille et passablement furax, je tente le coup dans une dernière boutique en demandant à ma carte bleue d’être compréhensive. A la guerre comme à la guerre. Là, on n’est pas dans la même cour. Boiseries aux murs, lumières douces, étiquettes à l’avenant. Ah bon, ça, c’est juste le prix du soutien-gorge ? Euh, comment dire… Les lignes sont superbes, les coupes aussi. Il n’y a que deux cabines, mais quelles cabines : elles comportent un joli tabouret confortable, on peut s’y pencher en avant sans avoir les fesses qui dépassent du rideau et, miracle, les spots ne ressemblent pas à ceux de chez mon dentiste. Atmosphère feutrée. Musique douce. Un magasin pour mamies, dirait la jeunette. M’en fous. Totalement. Car miracle, l’un des maillots me va… et c’est presque joli. Cerise sur le gâteau, la vendeuse me dit qu’il faut que je prenne la taille au dessous, car ça va se détendre. J’acquiesce : une culotte qui pendouille au bout de trois bains, à ce prix-là, ce serait dommage. Je voudrais l’embrasser, limite lui envoyer une invit sur FB, mais je me retiens : un peu de mesure tout de même. J’ai beau avoir  trouvé mon Graal de l’été, ça va quand même me coûter un bras. Et ça ne m’empêchera pas de rêver d’une cape d’invisibilité sur le trajet entre ma serviette de plage et la première vague. Mais c’est toujours ça, non ?


Souvenir, souvenir… L’an dernier, je me battais contre mon système pileux : http://www.cocolabulle.com/article-epilez-vous-depilez-vous-qu-ils-disaient-49796962.html

 

Merci <3 à la délicieuse Aurélie Foin pour cette pétillante illustration.
Découvrez toute l’étendue de son talent sur
http://lillusgraphie.blogspot.com/ 

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Commenter cet article

Marie 05/07/2011 20:12



Arf...


J'ai fait l'erreur d'essayer un maillot de bain taille 34 .oO( Malade que je suis ) chez H&M ce printemps... .oO( J'suis plutot 38 en haut 40 en bas ) 


Du coup je n'ai toujours pas mon maillot... .oO( Traumatisée? )  



Coco la Bulle 05/07/2011 21:06



Mais quelle idée aussi Marie... T34 !!! ça n'existe même pas, si ?



Isa 30/06/2011 10:26



Depuis quelques temps, j'achéte mes maillots sur les sites de Ventes Privées en restant sur des marques que je connais ( Princess Tam Tam, Kiwi notamment ) de maniére à connaitre à peu prés la
taille que je dois prendre et les formes qui me vont bien.
Je fais des économies et pour l'instant, à part 1 maillots , je ne me suis pas trompée.



Coco la Bulle 30/06/2011 10:32



ça m'est arrivé aussi, en effet, quand tu connais la marque, tu peux te lancer... et sinon tu revends sur ebay ;-)



Pierre Fauroux 22/06/2011 07:38



Merci Coco. Je débute la journée par la lecture de tes aventures et me voilà définitivement de bonne humeur.


J'adore ton style et sa dose idéale d'humour. Je suis accro.


Pierre de ton fan club



Coco la Bulle 22/06/2011 08:06



Merci Pierre et belle journée à toi !



May 21/06/2011 16:29



Je souris et je compatis ! 


Bon, du coup, pour éviter cette délicate épreuve, cela doit faire cinq/six ans que je n'ai pas acheté de maillot (voir plus) et que je me prive de plages/piscines. 



Coco la Bulle 21/06/2011 16:46



May, je suis sûre que tu complexes sans réelle raison !!! Jette-toi à l'eau ;-)



Val1603 21/06/2011 14:42



Le pire, c'est quand c'est ta propre fille qui fait le 34..., qu'elle s'achète pendant les soldes exactement le même maillot de bain que toi (bah quoi j'savais pas !!! - quelle mauvaise foi !!!)
et qu'en plus forcément elle le porte vachement mieux que toi, parce que bien sûr elle, elle a pas encore eu de mômes !!! mais qu'en plus cette petite peste est belle comme un pain d'épice, parce
qu'elle est métis et que toi t'es blanche comme un linge !!!


Véridique et vécu l'an dernier... Je la déteste



Coco la Bulle 21/06/2011 14:47



Arghhhhh...................