WE de princesse (au petit pois)

Publié le par Coco la Bulle

(Que mes lecteurs de la première heure me pardonnent, mais à l'approche d'un WE romantique avec Roméo, je ne résiste pas au plaisir de ressortir ce billet qui date d'il y a presque deux ans... en espérant que je n'aurai pas autant de désagréments lors de cette nouvelle petite escapade)

 

 

Soudain, ce matin, juste après mon premier café, alors que j’étais encore dans un semi-coma, au moment où Roméo me quitte pour rejoindre bravement son lieu de travail, il prend soudain un air mystérieux et lâche « Ce soir, prépare une petite valise, je t’enlève pour la nuit… Prévois une tenue casual et une tenue chic, et sois prête à 19h30 ». Pffff. Prends ça dans la figure, boum. Avant de fermer la porte, il passe la tête par l’entrebâillement et me décoche le sourire ravi de l’infâme comploteur.

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Bien sûr, je ne me plains pas : un si doux ultimatum, qui n’en a pas rêvé ?
Mais quelle femme n’a pas envie d’être au top de sa séduction dans ce contexte ? Hélas pour moi, ce n’est pas gagné, puisque mes jambes et mes aisselles (sans parler du reste) sont en mode jachère et même si j’arrivais à caser dans la journée un tête-à-tête avec mon esthéticienne préférée, ce soir je ressemblerai au mieux à une poule tout juste plumée, affligée de marques de cire collantes, ce qui n’est guère sexy. Quant à mes ongles (les 20), à l’examen, ils se révèlent être en piteux état et je me dis que leur réhabilitation nécessitera une bonne heure de boulot. Mais pas question de montrer du vernis écaillé à mon amoureux. Venons-en à mes cheveux : sachant que le jour où je les lave, je ressemble à Tina-Turner-meets-Michel-Polnareff, et sachant que je ne peux pas ne pas les laver, il va falloir jouer serré et prévoir moult barrettes. Ensuite, désolée d’en parler, je ne peux pas occulter un problème majeur, même si entre gens de bonne compagnie ce ne sont pas des choses dont on parle. Un sournois mal de ventre m’indique en effet que je risque fort d’être très prochainement indisposée. Là, ce serait la cerise sur le gâteau, ou comment transformer un WE câlin-caliente en séjour tampax-doliprane. Enfin quand Roméo parle de tenue chic, que veut-il dire ? Les hommes ne se rendent pas compte mais il y a des degrés dans le chic. Chic cool, chic bohème, ultra-chic, cocktail ? C’est cornélien. Résultat, il faut prévoir tant d’options que la ‘’petite’’ valise ne suffit pas.

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Bon ça y est, enfin prête. Heureusement j’ai réussi à voler quelques instants à l’esthéticienne sur l’heure de midi, et ce soir j’ai prétexté une urgence familiale (ça en a fait rire certains) afin d’être rentrée à 17h30 pour prendre une douche, essayer de rendre présentable ce qui me tient lieu de tignasse, faire mes ongles et boucler mes malles. Mon Chevalier Blanc me rejoint vers 19 heures et hop, départ pour le nirvana. Enfin c’est ce que je crois.

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Mazette, le lieu est somptueux… En arrivant devant la superbe grille de l’hôtel, je supplie Roméo de ne pas rentrer ma vieille voiture pourrie-et-pas-lavée-depuis-six-mois dans la cour et lui suggère de la garer dehors… Mais il n’en a cure et pénètre tel un prince dans le parc, avant d’ouvrir sa portière et de tendre au voiturier la clé du pouilleux équipage. Sale et cabossé, mon carrosse s’en va fièrement se ranger au milieu d’automobiles bling-bling rutilantes. Gardons la tête haute.

Le groom qui nous accompagnait à la chambre à peine parti, je me précipite dans la salle de bain : elle est magnifique. Me vient une envie frénétique de roucouler dans la mousse avec mon chéri, je le lui propose, il accepte… Terrible déconvenue lorsqu’il tente de me rejoindre dans l’eau… Après avoir écrabouillé ses bijoux de famille, donné des coups de coude malencontreux dans ses côtes et trempé la moitié de mes cheveux, je me dis que la position MerylStreep/Clint Eastwood dans ‘’Sur la route de Madison’’ n’est pas réalisable dans cette petite baignoire et je suis over-supra-déçue.

Au moment de mettre ma sublissime tenue pour aller dîner au fabuuuuleux restaurant de l’hôtel, je réalise avec horreur que j’ai pris la mauvaise paire de bas auto-fixants, celle qui glisse…et qui la dernière fois m’a fait mourir de honte. Je m’étais promis de la jeter, mais je ne l’ai pas fait, fatale erreur. Tant pis, à la guerre comme à la guerre, je recycle mon jean avec mes escarpins qui perchent à 11 cm et la petite veste de smoking que j’ai (fort opportunément) glissée parmi mes affaires au dernier moment. Roméo a le bon goût de ne rien dire sur le temps que je mets à me préparer, la taille de la valise et le fait que je garde mon jean. Il est vraiment délicieux.

Arrivés au restaurant, réservé à 21 heures, la serveuse veut absolument nous installer dans l’annexe tartouille et non sous la belle verrière qui fait tout le charme de l’endroit. Je suis une râleuse, je me rebiffe, on ne se refait pas. ‘’Si vous voulez une autre table, il y a dix minutes d’attente’’ déclare-t-elle dédaigneusement. Nous partons patienter au bar devant une coupette de bulles et j’explique à Roméo que non, je ne suis pas invivable mais, au contraire, respectueuse à l’extrême du cadeau qu’il me fait : on ne dîne pas dans l’annexe quand on vient ici ! Résultat, c’est à 21h50 que nous prenons possession de notre table mais le jeu en valait la chandelle. Le vin est délicieux, la lumière divine, la chère succulente, et mon amoureux, malgré le festival que je lui ai servi, me dévore des yeux... La nuit s’annonce torride.

Minuit, retour à la chambre. Trop mangé, trop bu. Bye-bye galipettes, bonjour citrate de bétaïne, je me cale dans les oreillers pour cuver mon dîner. Roméo (qui a pourtant ripaillé plus que moi, la contenance des estomacs masculins reste un mystère) a l’air en pleine forme, il tente une approche coquine et pose langoureusement sa tête sur mon abdomen. Après avoir écouté quelques mouvements de ma symphonie de gargouillis en burp majeur, et sentant bien que mon estomac ne supporte aucun contact, le pauvre bat en retraite et ne tarde pas à ronfloter de son côté, pendant que je cherche le sommeil en regrettant d’avoir dérogé à ma sacrosainte règle du ‘’jamais entrée-plat-dessert le soir’’.

Dix heures du matin. Toc-toc-toc. Room service ! Le petit-déj est derrière la porte, miam… Roméo, très galant, me laisse plonger sous les draps, se lève, enfile son peignoir et va ouvrir. Cling-cling, arrivée du plateau, la porte se ferme. Un ange passe. Alors que je pense pouvoir émerger sans témoins et que j’émerge donc, tous mes attributs à découvert, je me trouve face à face avec le garçon d’étage en train de disposer la table sans un bruit afin de ne pas me réveiller. Horreur, je replonge sous les draps. Déjà que ma tête le matin n’est pas un cadeau, alors ma tête plus tout le reste, oups !

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Et bien le croirez-vous ? Au retour de cette escapade ultra-romantique, Roméo est plus que jamais amoureux… Moralité 1 : même une râleuse impénitente, une cata ambulante comme moi peut trouver chaussure à son pied. Moralité 2 : les critères qui définissent un week-end réussi ne sont pas forcément les mêmes pour tous les amoureux. Moralité 3 : un plan a priori raté peut laisser le plus merveilleux des souvenirs.

 

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