La guerre du bouton

Publié le par Coco la Bulle

Coco la Bulle se demande si les boutons font exprès de pousser juste là où on les voit le plus et juste la semaine où on voudrait le moins les voir. Est-ce le stress qui nous fait à ce point somatiser que tout notre influx nerveux parvient à se concentrer en une minuscule et disgracieuse excroissance, au bout du nez, entre les sourcils ou, pire encore, au bord des lèvres ? Pourquoi ne voit-on plus que ça, pourquoi la chose devient-elle à ce point obsessionnelle, pourquoi passe-t-on des heures dans la salle de bain à mener une bataille perdue d’avance puisque, de toute façon, notre intervention ne fait qu’aggraver les choses ?

 

Petit retour en arrière. Coco s’apprête à vivre une semaine chargée, avec réunions, interviews diverses et, pour couronner le tout, une soirée le samedi soir. Bref, contrairement à d’autres semaines où elle peut se terrer derrière son clavier, là elle va vivre huit jours de surexposition, ce qui est éprouvant pour la timide qu’elle est.

Dimanche soir : horreur. En se lavant les dents, sous la lumière indécente du néon qui surplombe le lavabo, Coco LE voit. A droite, sous le nez, à équidistance entre la narine et la lèvre. Une petite boursouflure qui pour l’instant reste discrète mais fait déjà mal. Catastrophe. Petit pressouillage, ça ne donne rien, on passe un peu d’Hexomédine, ça ne mange pas de pain. En se couchant, elle entend son chéri, l’innocent, qui lui lance ‘’tu es toute rouge au dessus de la lèvre, c’est normal’’ ? Coco fait ses mauvais yeux revolver, elle ne supporte même pas d’entendre évoquer la chose, et Roméo bat en retraite.

Lundi matin : ça a empiré. Avant même de faire quoi que ce soit, c’est déjà tout rouge. Après la douche, encore plus laid. Coco prend sur elle et ne touche à rien, puis badigeonne la chose d’anticernes pour la planquer un peu. Ça ne doit pas être terrible sur le plan curatif mais au moins ça cache un peu la misère. Le problème, c’est que ça devient vraiment douloureux. Damned. Bon, pas grave aujourd’hui, aucun rendez-vous mais tout de même, c’est fou comme une si petite chose peut mettre de si méchante humeur, ça reste un mystère.

Lundi soir : Coco tente une opération chirurgicale. Porte de la salle de bain fermée, dents serrées, Hexomédine à portée de coton, un, deux, trois, tentative d’exorcisme de la pustule. Rien à faire, elle n’obtient qu’une atroce douleur qui la fait sautiller ridiculement pieds nus sur le tapis de bain, en silence bien sûr. Dieu merci personne ne la voit et l’honneur est sauf. Soulagement.

Mardi matin : comité de rédaction à 10h. Après les mauvais traitements subis la veille au soir, la chose s’est vengée et a grossi pendant la nuit, elle fait désormais très très mal et est très très visible. Camouflage maximum. Selon son chéri, on ne voit presque rien. Mais Coco sait bien qu’on ne voit que ça. Son bouton. Ce truc trop dégueu juste là, sous le nez. Elle y pense pendant toute la réunion. Dès qu’elle sort et se retrouve dans sa voiture, elle ose enfin toucher la chose (avant, elle avait peur d’ôter le camouflage). Mordieu ça fait mal. Et il y a une petite tête blanche qui se pointe sur le dessus… c’est du plus bel effet !

Mardi soir : Coco, remontée à bloc, s’apprête à sauter sur Kolwezi. Ça va être un feu d’artifice. Une bonne douche chaude pour ramollir la peau, et puis c’est parti, le ‘’pressing’’ commence. Aïïïe…….. Aïïïe…..Ouillle…… La montagne accouche d’une souris, un ridicule machin sort du bouton qui fait toujours aussi mal et est toujours aussi gonflé. Désespoir.

Mercredi matin : Coco a promis à son chéri de ne pas toucher la chose. Sachant très bien qu’il a raison, elle obéit bravement. Maquillage, aplat d’anticernes, ça fait comme si elle avait mis du Tip-ex beige au dessus de sa lèvre. Une horreur. Première interview : cool, on est autour d’une grande table, Coco se met dans le coin le plus sombre, profil bas. Ouf, une épreuve de passée. Le midi, replâtrage du chantier. Deuxième interview : catastrophe, le type qui vient la chercher à l’accueil est jeune et charmant, il propose un café et s’assoit à un mètre tout juste. Une heure de torture, la main droite de Coco tenant le stylo elle ne peut même pas la mettre devant son bouton, elle n’a qu’à subir l’humiliation en silence. Snif.

Mercredi soir : c’est la guerre totale. Il faut éradiquer le Mal. Explosion de la pustule. Remake de Carrie dans la salle de bain, le sang coule, c’est gore. Mais ça y est, enfin, la chose est partie. Il reste maintenant à patienter jusqu’à la cicatrisation sans psychoter et sans tripoter sans arrêt les vestiges du champ du bataille. Lorsqu’elle se couche, Coco tourne la tête de côté pour que son amoureux ne voie rien, sinon elle va avoir droit à un sermon…

Jeudi matin : le processus de cicatrisation a commencé mais l’aspect reste épouvantable. Coco a tellement charcuté son bouton que le résultat est un truc marron d’environ 3 mm de diamètre, encore plus visible que ce qu’il y avait avant, dont la surface est si fragile qu’on ne peut même pas camoufler… Annuler le RV du jour ? Non, c’est impossible. Il faut faire face à l’adversité.

Jeudi midi – jeudi soir – vendredi matin – vendredi soir : ne pas toucher, ne pas toucher, ne pas toucher sous peine de tout gâcher.

Samedi matin – ne pas toucher, ne pas toucher. Ça a l’air d’aller. Avec un peu de chance, ce soir Coco pourra faire comme si.

Samedi soir : petite douche avant d’enfiler sa petite robe et ses petits souliers à talons… Ô rage, ô désespoir ! Erreur fatale !!! L’eau sur le visage, la croûte qui ramollit, la plaie à nouveau à ciel ouvert, argghhh… ‘’Tu n’as qu’à mettre ton pull rouge et tes escarpins vermillon, ça sera assorti’’ plaisante Roméo. Pas drôle. Il n’y a plus qu’à jouer sur la coiffure. Coco va la faire sauvage, crinière en folie, cheveux dans le nez. Tant pis pour le joli chignon. ‘’C’est une soirée à thème '' Guerre du Feu'' ?’’ interroge le chéri, décidément fort désagréable ce soir…
Bon allez, on y va. Hauts les coeurs.
Après deux coupes de bulles anesthésiantes, Coco oublie tout.
Le samedi soir, c’est fait pour ça.
Ce n'est pas une petite cicatrice qui va tout gâcher.
Let’s party !

 


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Commenter cet article

Nathalie 29/09/2012 00:02


Merci de votre excellent article qui m'a fait bien rire !


Je fais en ce moment pour la première fois de ma vie l'expérience de ne pas toucher à mes boutons, et j'ai sur le menton ce soir une énorme boule blanche (de toute beauté) prête à éclater et qui
semble pourtant encore grossir. C'est un supplice de ne pas la percer, mais mon médecin m'a convaincu que mon organisme générait naturellement de merveilleux macrophages capables d'absorber de
l'intérieur cette horreur sans nom, et sans laisser de cicatrices... A suivre, donc ! 

Coco la Bulle 29/09/2012 09:51



Bon courage alors, et tenez-bon !!!



lillie 25/05/2010 10:40



ca c'est le moins qu'on puisse dire. Mais bizarrement, je suis toujours la victime de ses blagues, c'est moins marrant. Il ne s'en lasse pas (tu me  diras, quand on les lit les conneries que
j'écris, je suis effectivement une victime toute choisie !).



Coco la Bulle 25/05/2010 10:41







lillie 25/05/2010 10:29



Je compatis : j'en ai toujours un qui pousse pile au moment où faudrait pas ! Suis la spécialiste des boutons d'erpès sur le nez !! Imagine le truc dégueu ! Et c'est toujours à ce moment-là qu'on
croise un super beau gosse. La honte !
Et L'Homme n'arrange rien. La Licorne, qu'il m'appelle !!



Coco la Bulle 25/05/2010 10:37



Au moins ton Homme a de l'humour... Lol !