Cata à la mini-bougie vs dîner aux chandelles

Publié le par Coco la Bulle

 

Coco la Bulle se demande si, parfois, vous avez comme elle l’impression que les éléments se sont ligués contre vous pour pourrir votre soirée. Et si vous aussi préférez en rire, car que faire d’autre quand le sort s’acharne ainsi sur un malheureux dîner en amoureux.


20h. Roméo a proposé un restau, chouette.  Coco s’est pomponnée et porte ses nouvelles chaussures dont la hauteur de talon est inversement proportionnelle à son sens de l’équilibre. Son amoureux  passe la prendre en voiture et roulez jeunesse (merci de nous épargner vos commentaires sarcastiques, Coco & Roméo SONT éternellement jeunes).


 21h10. Après avoir perdu 28 minutes entre la porte de Versailles et la porte de Sèvres  parce qu’au dernier moment Roméo a choisi l’option périph’ au lieu de prendre les Maréchaux (shame on him), après avoir cherché 29 minutes une place pour parquer le véhicule parce que Coco ne veut jamais le laisser au voiturier (question de principe, idiot certes), votre servante et son chevalier (servant) finissent par garer la Clio à Pétaouchnok sur ce qui semble être une place de parking mais déborde largement sur une livraison, arguant qu’entre 20h et 23h le magasin d’informatique jouxtant la place risque fort peu de se voir livrer quoi que ce soit.

 

21h20. Dix minutes de marche plus tard, au cours desquelles Coco a maudit le ciel et le styliste sadique qui a créé ses escarpins flambants neufs, arrivée claudicante et maugréante de la belle et de son chéri au-dit restaurant. Qui n’a pas gardé la table vu le retard de vingt minutes et la forte affluence. La jeune femme qui les accueille est tout sauf aimable. Habillée comme une convive, mini-jupe indécente, talons incompatibles (enfin théoriquement) avec un métier tel que le sien, et pochette de soirée en bandoulière, elle affiche un air incommodé lorsque Roméo la prie instamment de trouver une solution, et finit par les conduire à une petite table coincée entre deux grandes, seule option disponible. Compte-tenu de l’état nerveux de Coco et de la piteuse condition dans laquelle se trouvent ses pieds,  qui subissent la Question à chaque pas, elle accepte et se laisse tomber comme une mourante sur le fauteuil qui lui est proposé.


21h30. Roméo et Coco n’ont pas trop de leur smartphone-à-tout-faire pour éclairer la carte, car la micro-bougie qui leur sert de lumière ne permet objectivement pas (presbytie ou non, halte-là les réflexions) de lire le menu, qui est écrit en marron cuivré sur un fond beige. Après avoir déchiffré les propositions du chef, commande est passée.

 

21h40. Depuis qu’elle est assise Coco a discrètement retiré ses chaussures et laisse ses petons se dégourdir sous la table. Ni vu ni connu. Enfin presque.


  Coco a mal aux pieds


21h45. Coco sent un truc bizarre qui lui frôle la jambe et sursaute violemment. Un rat, un chat, un chien ? Non, un bambin d’environ cinq ans, qui sort la tête de dessous la nappe et ricane, brandissant victorieusement un escarpin, à la manière d’un trophée. Le sang de Coco ne fait qu’un tour : on ne touche pas à ses chaussures ! Elle récupère son article sans aucune diplomatie, sous l’œil amusé de Roméo. Il faut dire que la table de droite est fort animée : deux couples… et leur toute jeune progéniture, qui ne tient pas en place. Les parents discutent ensemble et laissent leurs enfants se balader en leur lançant de vagues ‘’viens ici Gaston’’, ‘’Léontine, ça suffit’’, avec la fermeté d’une crème caramel. Et ça se balade, et ça gêne le service, et ça piaille, et c’est d’un sans-gêne… Il faut dire à la décharge des gamins que ce n’est pas chez leurs géniteurs qu’ils peuvent trouver l’exemple, tant ceux-ci ont l’air de tenir mollement les rênes.  La dénommée Léontine vient se planter derrière la chaise de Roméo pour jouer à cache-cache avec son compère Tristan qui lui se planque derrière Coco, ce qui manque de faire chuter le serveur qui arrive avec les coupes de champagne. Les parents sont tout attendris et regardent la Coco furibarde (pensez-donc, des bulles ont failli être inutilement répandues) avec hostilité. Parce qu’en plus il faudrait trouver ça mignon, ces marmots qui sonorisent le dîner ? Non mais. Les baby-sitters, ça existe, elle est bien placée pour le savoir, ayant pas mal investi sur ce poste à une certaine époque.

 

22h. Une meute de cadres façon ‘’fin de séminaire’’ vient d’investir la table de gauche. Damnation. Il ne manquait plus que ça. Rien que pour s’installer ils font un vacarme effrayant, qui oblige Roméo à répéter trois fois la même question à une Coco qui, même yeux tout plissés, ne capte rien. Tout à coup, un rire impossible fuse, guttural, rauque, puissant et si sonore que toute la salle se retourne pour constater qu’il émane du tout petit bout de bonne femme qui semble être la bergère du troupeau. A l’autre bout de la table, un grand moustachu à gros bidon raconte déjà des vannes en se gobergeant, et les deux jeunes femmes qui l’encadrent, visiblement consternées d’avoir à passer tout un dîner ainsi placées, émettent un rire poli. L’apéro était déjà visiblement commandé puisqu’il arrive et la chef scout tape avec sa fourchette sur sa coupette. Le tableau n’était pas complet : il nous fallait donc un discours. Ça sent le team-building à plein nez tout ça.  ‘’Management … blabla… motivation…blabla… pérenniser… blabla… rupturiste…blabla… optimiser…blabla… s’approprier …blabla…mutualiser …blabla… capitaliser…blabla… implémenter …blabla…valeurs et culture d’entreprise…blabla… know-how (prononcer no-Aô) …blabla… expertise …blabla…business model ‘’  Au secours… Coco se bouche les oreilles, elle a l’impression d’être au boulot. Roméo est hilare : est-ce l’effet du champagne ou cette accumulation de contrariétés ? Il a raison ceci dit, mieux vaut en rire, fou rire partagé…

 

22h30. Coco doit aller aux toilettes. Se pose un problème crucial : elle ne peut pas y aller pieds nus. Or, curieusement, lorsqu’elle remet les pieds dans ses sublimes escarpins, elle a l’impression qu’ils ont changé de taille, que le 39 s’est transformé en 37. Bref ça coince mais la vessie féminine a ses exigences, si elle veut continuer les bulles il faut agir. Steeple-chase en stiletto, chaque pas équivalent à une torture, jusqu’au pipi-room, dans la pénombre, c’est un miracle si elle ne fait pas un vol plané façon Susan Mayer dans le restaurant. Comme quoi elle sait garder la tête haute dans l’adversité.

 

23h15. Le café est bu. Les brodequins à nouveau retirés. Roméo est un gentleman : il va chercher la voiture. Que ne ferait-il pas pour que sa dulcinée perche à 10 cm (so sexy) !

 

23h30. Coco attend le bip sur son portable, qui ne vient pas. La famille bobo-fenouillard est partie, mais les ‘’séminaristes’’ sont toujours là, eux, et font de plus en plus de bruit. Heureusement, avec les bulles qu’elle a bues, Coco est de taille à supporter beaucoup de choses, même l’idée de rejoindre sa voiture montée sur ses impossibles cothurnes. D’ailleurs dès lundi, ces méchantes chaussures iront faire un tour sur eBay.

 

23h35. Appel de Roméo, genre ‘’ne t’inquiète pas j’arrive’’ sans plus de précisions.

 

23h40. Bip de Roméo. Coco est soulagée, ça y est, son carrosse est avancé, elle peut faire les derniers mètres qui la séparent du fauteuil avant droit de sa Clio. Hélas non… car c’est d’un taxi que sort son chéri pour l’accueillir devant le restaurant. Il rit toujours, mais jaune cette fois. Fourrière passée, voiture envolée. Ce n’était décidément pas leur soirée !

 


Rendez-vous sur Hellocoton !

Commenter cet article

lenore62 30/06/2010 19:10



Diantre Quelle Aventure!!Dure dure aussi la vie Parisienne!!lol!



Coco la Bulle 30/06/2010 19:25



Mais ça peut arriver dans n'importe quelle grande ville !



lillie 03/05/2010 13:44



Salut ! Je viens de découvrir ton blog. Merci de me faire marrer pendant cinq minutes ! Arf ! Des soirées comme ça, j'y ai droit quasiment toutes les semaines : j'attire la poisse !


Si si, c'est vrai, viens donc voir !



Coco la Bulle 03/05/2010 13:48



Merci Lillie ! je n'y manquerai pas !



CocoLaBulle 30/04/2010 10:13



@Alex : merci...


Rire de nos petits ''malheurs'' est la meilleure façon de les vivre, non ? Sinon, on est vite déprimé...



Alex 30/04/2010 10:08



Quelle soirée ! 


C'est pas bien de rire du 'malheur' (oui entre guillemet car il vaut mieux relativiser) mais c'est drôle et très joliment écrit ! 


xx Alex


hypeed.com



cortisone 25/04/2010 00:44



Qui a dit que le vie était un long fleuve tranquille ? que je lui torde le cou !


0 bientôt Coco !